Visages et paysages

Le Musée des arts contemporains au Grand Hornu expose une partie de ses œuvres au Centre Wallonie-Bruxelles, à Paris. Une exposition internationale qui explore les thèmes du lieu, de la poésie et de la mémoire.

Par quoi passe la poésie ? Un instant suspendu, un regard particulier, un paysage évocateur… Depuis 12 ans, le Musée des arts contemporains situé au Grand Hornu cherche à déceler dans des œuvres d’artistes contemporains le fil ténu du poétique. En constituant sa collection autour de ce thème, mais aussi de ceux du lieu et de la mémoire, l’institution wallonne a rassemblé peintures, sculptures, vidéos, photos et installations du monde entier. A Paris, le Centre Wallonie-Bruxelles en montre une partie, sous le titre « Mon jardin est dans tes yeux ».

PH-EXP_LEWIS Mark - Mark Lewis - Kunsthalle Bern - 2002_Kunsthalle Bern _(3)
Mark Lewis, Algonquin Park, Early Marc, 2002. Projection vidéo. Film 35 mm numérisé, 4:3, sans son, couleur, durée: 4’. Achat en 2006. Collection Musée des Arts Contemporains au Grand-Hornu. Propriété de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Dans une mise en espace épurée, les personnages photographiés par Orla Barry font face au paysage enneigé filmé par Mark Lewis. Cette vidéo, qui semble au départ être un monochrome blanc, révèle au fur et à mesure un coin de montagne empli de petits personnages. Plus loin, David Claerbout, autre vidéaste attentif au détail, s’applique quant à lui à détacher des écoliers d’une photo de groupe, zoomant sur des visages que l’on voit subtilement s’animer.

Nicolas Gruppo a pour sa part tenté de figer le sentiment amoureux, en demandant à différentes personnes de penser à un être aimé pendant qu’il les filmait. Au sol, une sculpture de Guiseppe Penone illustre un autre lien, celui de l’homme à la nature. Sur un lit de feuilles de laurier, un agrandissement en verre d’un ongle gît. Lequel des deux éléments est le plus vivant ? Sentiment, relation, souvenir, instant… Chacune à sa manière, les œuvres présentées tentent de transcrire en image quelque chose d’invisible.

Natalia de Mello, LagutroP, Correspondance et Paysage de l’Envers - Livre ouvert. Capture vidéo, 2012, DVD, 16:9, sans son, couleur, 1’ en boucle, 5/5 + 2EA. Collection Musée des Arts Contemporains au Grand-Hornu © Natalia de Mello
Natalia de Mello, LagutroP, Correspondance et Paysage de l’Envers – Livre ouvert. Capture vidéo, 2012, DVD, 16:9, sans son, couleur, 1’ en boucle, 5/5 + 2EA. Collection Musée des Arts Contemporains au Grand-Hornu © Natalia de Mello

Invisible elle aussi, l’expérience artistique est évoquée au travers de cette exposition. « Je ne sais vraiment par quoi ces œuvres sont entrées dans ma mémoire, explique Laurent Busine, directeur du musée et commissaire de l’exposition. Elles y résonnent de curieuse manière et façonnent avec une certaine intensité une part de ma vie, qui m’émerveille. C’est bien là le rôle des musées : rassembler et montrer des œuvres qui ne leur appartiennent pas, et qui entrent et brillent dans les yeux de ceux et celles qui les regardent. »

« Mon jardin est dans tes yeux, œuvres de la collection du musée des arts contemporains au Grand Hornu », jusqu’au 24 mai au Centre Wallonie-Bruxelles, Paris. www.cwb.fr

Décidément voyageuse, la collection du Mac’s est aussi disponible en ligne.

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