Une scène française

Quinze ans après la première édition du Prix Marcel Duchamp, l’Adiaf (Association pour la diffusion internationale de l’art français) organise à la Centrale, à Bruxelles, une exposition rétrospective. Un regard en arrière pour mieux se porter vers l’avant.

Chaque année c’est le même jeu, la même attente. Avait-on repéré les nominés proposés par les collectionneurs de l’Adiaf ? Notre chouchou/te va-t-il/elle remporter le prestigieux Prix Duchamp ? Sur les stands de la Fiac, où les quatre candidats en lice présentent leurs œuvres, les paris vont bon train entre les amateurs d’art. Au même moment, au Centre Pompidou, le lauréat de l’édition précédente présente une exposition solo. Voilà pour l’automne. Mais le reste de l’année, les 350 collectionneurs membres de l’Adiaf (association pour la diffusion internationale de l’art français) ne se croisent pas les bras. Des expositions sont régulièrement organisées en France ou à l’étranger, regroupant des lauréats du Prix ou des œuvres appartenant aux membres. Pour fêter ses 15 ans, l’association présente à la Centrale, centre d’art bruxellois, une sélection d’œuvres des quatorze lauréats depuis le lancement du prix en 2000.

Invitations au voyages « L’époque incite les artistes à regarder et parcourir le monde », constate Alfred Pacquement, ancien directeur du Centre Pompidou et commissaire de l’exposition. Fort de ce constat, il a choisi de prendre le voyage comme fil conducteur. Voyage d’un point à un autre, dans le temps ou l’Histoire, voyage intérieur ou esthétique… Les applications sont nombreuses. Chacun interprète le monde à sa manière et avec ses médiums. Du scotch de Thomas Hirschhorn à l’art géométrique de Mathieu Mercier en passant par les œuvres d’encre de Latifa Echakhch ou les maquettes de Julien Prévieux, on oublie bien vite qu’il y avait un thème pour se laisser soi-même transporter. Ne reste plus qu’à choisir son mode de déplacement : suivre la conversation téléphonique de deux adolescents japonais dans la vidéo de Dominique Gonzalez-Foerster, ou bien embarquer pour une remontée incertaine du temps avec Laurent Grasso. Dans ses Studies into the Past, l’artiste on ne peut plus contemporain peint à l’huile sur bois un énorme rocher tombant sur une scène moyenâgeuse ou un aussi gros nuage de poussière envahissant les rues d’une paisible ville ancienne. Sur une photo de Mircea Cantor intitulée All the Directions, un homme brandit un panneau vide au bord d’une route. Peu importe la destination, pourvu qu’on ait l’ivresse.

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Photos Philippe Degobert

Collectionner aujourd’hui Au fil du parcours, entre œuvres récentes et plus anciennes, l’évidence apparaît que les « jeunes » artistes ne le sont plus tellement, au sens où leur carrière a depuis pris de l’ampleur, dépassant les frontières françaises. Certaines pièces ont été plusieurs fois exposées, comme Blue Time, la guitare voyageuse de Saâdane Afif, d’autres sortent plus rarement de chez leurs propriétaires. Avant d’être un marché juteux, l’art contemporain est aussi un ensemble d’objets destiné à intégrer (transformer?) des vies et des intérieurs. Souvent, ces amateurs n’achètent pas une seule pièce d’un artiste mais suivent son travail. L’exposition de la Centrale montre à la fois la vitalité de la scène artistique française et celles des collectionneurs qui la soutiennent.

« Invitation au voyage », du 24 avril au 30 août 2015 à la Centrale for contemporary art, Bruxelles. http://www.adiaf.com/

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