François Avril : la ville comme un jeu de cubes

La voici la voilà, notre première couverture! Avant de vous dévoiler ce qui se cache derrière, Extra vous emmène à la rencontre de son auteur, François Avril. Où l’on parle de voyage, de dessin et d’architecture.

Extra 1 Bruxelles couverture

François Avril voyage tout le temps, mais ce n’est pas ce que l’on croit. Ses trajets le mènent le plus souvent de Bruxelles à la côte bretonne, en passant par Paris. Soit ses trois ateliers, où il s’est attelé à reconstituer la même ambiance de travail. « Je déteste faire le touriste, tranche-t-il. J’aime bien rester dans un endroit et commencer à le connaître, à m’imprégner. Autrement on voit tout d’une manière trop superficielle. » A l’inverse, l’inspiration peut venir au coin de la rue. « A Bruxelles, autour de mon atelier, je vois plein de détails intéressants… Dans une rambarde de chantier, je ne vois pas le bâtiment pas fini, mais une tache de couleur, une composition, un angle, une percée. C’est plus facile de partir d’une matière moche, parce qu’on peut l’embellir. Quand un bâtiment est trop beau, tout ce qu’on peut faire en le dessinant c’est l’affadir, le déformer… »

Les voyages lointains que semblent évoquer ses dessins ? « Rien n’existe. Ce sont des réminiscences de choses que j’assemble, que je dispose, comme des objets sur une table, à la manière de Giorgio Morandi. » Si le peintre italien du début du XXe siècle utilisait bel et bien bouteilles et vases comme base de ses tableaux, François Avril se sert essentiellement de ses souvenirs et de son imagination.

François Avril, kunstmuseum-II

« Je suis né à Paris et j’ai toujours vécu dans des villes, raconte-t-il. Les routes, les immeubles, les choses construites avec de la perspective me rassuraient. Quand mon père m’a appris la perspective, j’ai commencé à tout regarder comme des volumes, que l’on on pouvait reconstruire comme un jeu de cubes. » Auteur de quelques bandes dessinées dans les années 1980, François Avril se tourne vite vers l’illustration puis vers la toile, qui deviendra son support de prédilection. Influencé par Yves Chaland, qui fut son professeur, il conserve dans ses peintures la force du trait noir.

Un cube rouge, un pignon bleu se détachent d’une composition noir et blanc. Ailleurs, le carré dessiné par l’ombre d’un pont attire le regard. Ces détails pourraient figurer sur un tableau de Serge Poliakoff ou d’un autre peintre abstrait. « Je pense souvent mes images comme des compositions, explique François Avril. C’est une question d’équilibre. J’ai besoin d’un volume, plus gros, plus fin, d’une couleur pour ponctuer, alors je l’ajoute. » Sa « réalité imaginée » se compose comme une musique. Sur la couverture d’Extra, les câbles du tram tracent un réseau, filet à rêve qu’un photographe inattentif aurait sans doute fait disparaître.

François Avril, kunstruktion-5

Quand on lui demande s’il aimerait que ses villes soient réellement construites, François Avril arbore un fin sourire : « Un petit peu, bien sûr. Il me semble qu’on peut tout faire, techniquement, alors les architectes s’amusent. Même à la Défense maintenant, les dernières tours sont impressionnantes, il y a la City à Londres, la Fondation Vuitton, les Guggenheim de Bilbao et d’ailleurs… J’aimerais bien dessiner un projet et qu’il soit confié à des architectes pour la réalisation technique. » L’appel est lancé.

Pascaline Vallée

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